Le traitement de l’andropause par la phytothérapie

Le vieillissement est fortement lié aux changements hormonaux tant chez l’homme que chez la femme. Chez la femme, la progestérone d’abord, ensuite les oestrogènes, diminuent brutalement.

L’objectivation de ces variations hormonales est l’arrêt du cycle. Chez l’homme, le taux d’androgènes diminue de manière moins brutale.

Dans les deux sexes les hormones comme l’hormone de croissance et le DHEA (dihydroepiandrostènedione) sont en chute libre… Ces mécanismes démontrent que l’expression de l’andropause est beaucoup moins violente que celle de la ménopause, en outre l’andropause ne présente pas de témoin objectif comme un arrêt du cycle. Les dosages sanguins hormonaux montrent simplement une diminution progressive des paramètres hormonaux comme la testostérone et ses dérivés, la mélatonine, etc…

Ces dosages sont très sensibles et liés à l’heure du prélèvement. La plupart du temps ils sont inutiles, le tableau clinique étant suffisant pour intervenir médicalement.

L’expression clinique de l’andropause
L’apparition de l’andropause se fait de manière progressive et ne présente pas de témoin physique, contrairement à la femme dont le témoin physique de ménopause est l’aménorrhée.
Néanmoins le diagnostic de l’andropause, en dehors d’un dosage sanguin, est témoigné par l’addition des symptômes subjectifs suivants : instabilité émotionnelle, diminution de la puissance musculaire, diminution de la force, diminution de la résistance à l’effort, diminution de la vitesse de réaction, augmentation du dépôt de graisse autour du ventre, troubles du sommeil, douleurs chroniques, diminution de la libido, dysfonction érectile, diminution de la résistance osseuse et également des conséquences générales sur la santé comme l’ostéoporose et un risque vasculaire plus élevé.

La sensibilité à l’andropause est liée au métabolisme insulinique, à l’axe endocrinien complet (hypophyse, hypothalamus, thyroïde, surrénale) mais également à la compétence du système neurotransmetteur (sérotonine, mélatonine, dopamine, noradrénaline, adrénaline…)

Traitement
La plupart des hormones présentent des récepteurs dans de nombreuses cellules différentes, ce qui explique la diversité des symptômes et l’utilité relative des traitements symptomatiques. Le traitement passera par une restauration de l’équilibre des médiateurs hormonaux et neuroendocriniens, une alimentation préventive, une amélioration des détoxications de l’organisme, l’ajout d’antioxydants.

Alimentation
L’état nutritionnel est un des facteurs essentiels pour lutter contre l’installation rapide de l’andropause tant sur la quantité des apports (36 kcal/ kg) que sur la qualité caractérisée par un apport lipidique diversifié riche en acides gras essentiels comme les polyinsaturés à longues chaînes (acide arachidonique, acide éicosapentaénique et l’acide docosahexanoïque).
Le besoin en protéine est de 1gr de protéine par kilo de poids corporel.
Les besoins en micro nutriments : richesse en minéraux (calcium, magnésium), en sélénium, zinc, vit A, vit K, Vitamines du groupe B sont importants. Un apport hydrique de l’ordre de 2 litres dont minimum 0,7 l sous forme de boissons est indispensable. Il faut augmenter la consommation de noix, noisettes, céréales complètes, légumineuses riches en magnésium, huile d’olive, soja, fruits secs, légumes, fruits et limiter les graisses animales.

Hygiène de vie
Le rétablissement d’un poids idéal permettra une régulation de la 5 aromatase et la pratique d’un exercice physique modéré et régulier aura un effet favorable tant sur les paramètres psychiques que physiques. (1509 s)

Plantes
Dans tous les cas, nous utiliserons le Glycine max (soja) car ses effets sont tellement multiples qu’il est inévitable. Il stabilise la densité osseuse dans les deux sexes après 50 ans. Il présente un effet hypocholestérolémiant, est précurseur du monooxyde d’azote (le plus puissant vasodilatateur connu), et par sa richesse en arginine précurseur de NO entraîne une diminution de la pression diastolique. Il ralentit de la montée des PSA dans le cancer prostatique et prévient le cancer de la prostate. En outre, il assure une protection rénale chez les diabétiques et une amélioration des fonctions cognitives (dans un groupe capable de fabriquer de l’équol au départ de la daïdzéine) en présence de bactéries intestinales compétentes.

- De manière systématique, les antioxydants comme le Rosmarinus, le Lycopène de la tomate seront prescrits, en association avec des plantes de détoxication de l’organisme comme Chrysantellum americanum ou d’autres grands polychrestes comme Carduus marianus. – Le pycnogénol extrait des pépins de raisins ou de l’écorce de pin est également un antioxydant très puissant intéressant dans le cadre du traitement de l’andropause.
- Une plante spécifique semble particulièrement intéressante et nécessite développements et recherches dans cette indication de l’andropause, il s’agit du Tribulus terrestris.
- Contre l’instabilité émotionnelle, la diminution de la puissance musculaire, la diminution de résistance à l’effort et la diminution de la vitesse de réaction, l’Eleuterococcus senticosus associé au magnésium permettront une amélioration de la situation.
- Pour s’opposer à l’augmentation du dépôt de graisse autour du ventre, le Chrome et le Vaccinium myrtillum seront efficaces en améliorant le métabolisme glucidique.
- Deux plantes, Tilia Tomentosa et l’Eleutherococcus senticosus, s’opposeront aux troubles du sommeil.
- Les douleurs chroniques seront apaisées par les chondroprotecteurs et le Ribes nigrum qui stimulera en sus la surrénale fatiguée. – Une éviction des produits oestrogéniques stricts ou oxydants comme le tabac, l’alcool, Humulus lupulus, Salvia off, Panax Ginseng est indispensable.
- Un ajout de Calcium et de vitamine D s’opposera à l’ostéoporose.
- La diminution de la libido et la dysfonction érectile seront utilement compensées par l’emploi de Sabal serrulata, selénium, zinc et VitB

Conclusion
Le traitement de l’andropause nécessite une compréhension des systèmes hormonaux complexes. La lutte contre l’étiologie de la problématique et l’utilisation de remèdes symptomatiques permettront de passer au-dessus de cette période difficile. L’utilisation de plantes qui agissent comme précurseur des hormones essentielles comme la testostérone, la mélatonine, la DHEA permettront dans l’avenir de compenser les diminutions physiologiques et de postposer l’andropause.

Dr Géo VAN SNICK

Cet article a été publié la 1ère fois dans hippocratus-le-magazine de décembre 2002
Le Dr Géo VAN SNICK est praticien phytothérapeute et enseignant, président de l’IPI (International Phytotherapy Institute).
– Bruxelles (Belgique)

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